Mécanisme d'action : une course contre la montre
Les opioïdes comme la morphine, l’oxycodone, l’hydromorphone ou le fentanyl agissent en se fixant à des récepteurs spécifiques dans le cerveau, appelés récepteurs opioïdes. Une fois activés, ces récepteurs réduisent la douleur, procurent une sensation de bien-être, mais ralentissent également des fonctions vitales comme la respiration. En cas de surdose, l’activité cérébrale est tellement ralentie que le corps peut cesser de respirer.
La naloxone agit comme un antagoniste de ces récepteurs. Elle entre en compétition directe avec les opioïdes en se fixant sur les mêmes récepteurs, sans les activer. Elle bloque ainsi l’effet des drogues en « délogeant » les molécules toxiques et en empêchant leur action. Ce mécanisme permet de restaurer la respiration et d’éviter la perte de conscience prolongée, voire la mort par arrêt respiratoire.
Une action rapide mais temporaire
L’un des grands atouts de la naloxone est sa rapidité. Administrée en injection intramusculaire ou par vaporisateur nasal, elle agit généralement en deux à cinq minutes. Cette fenêtre d’action permet de maintenir en vie la personne le temps que les services d’urgence prennent le relais. Toutefois, l’effet de la naloxone dure entre 20 et 90 minutes, tandis que certains opioïdes peuvent rester actifs dans le corps bien plus longtemps. Cela signifie que les symptômes de la surdose peuvent réapparaître après l’intervention, une fois que la naloxone cesse d’agir. C’est pourquoi appeler le 911 reste une étape incontournable, même si la personne semble aller mieux.